Que peut la littérature ?
Le titre ne m’emballait pas : « Comment la littérature peut changer nos vies » m’a paru un peu excessif. Et puis je l’ai feuilleté, ce numéro HS juin/juillet 2021 de la revue Sciences Humaines.
Le titre ne m’emballait pas : « Comment la littérature peut changer nos vies » m’a paru un peu excessif. Et puis je l’ai feuilleté, ce numéro HS juin/juillet 2021 de la revue Sciences Humaines.
L’écriture s’apprend, comme le violon, la peinture ou l’astrophysique. Et on trouve pléthore d’ouvrages théoriques de bon niveau et très instructifs. En revanche, quand il s’agit de passer à la pratique, on doit se tourner vers des livres d’exercices d’écriture souvent originaux et stimulants (par exemple « Le nouveau magasin d’écriture »), mais peu ciblés et surtout sans progression. C’est-à-dire plutôt destinés à des auteurs qui ont déjà construit leur pratique plumitive et cherchent de l’inspiration ou de nouveaux terrains de jeu…
(attention divulgâchage, mais c’est un classique, donc il y a prescription)Pourquoi parler d’un classique, un roman lu et relu ?Je pourrais vous dire qu’on ne les connaît pas si bien, nos classiques, et qu’on y trouve toujours quelque chose de nouveau, etc. C’est certainement vrai. Moi, je l’ai relu parce que j’en avais envie.Qu’en ai-je donc retenu ? Je n’évoquerai pas ici ce que contient ce roman en lien direct avec son époque, le maccarthysme et la guerre (tout a…
Ce roman a produit sur moi un effet rare : j’ai eu envie de l’apprendre par cœur pour m’en souvenir partout et en tout temps. L’apprentissage par cœur présente en effet cette particularité de nous faire rentrer dans un texte d’une manière différente de la lecture, dans notre chair, pour ainsi dire. J’ignore si je le ferai, car c’est un travail digne de Farenheit 451. Imaginer les hommes-livres récitant Ulysse de Joyce m’avait profondément marquée et la seule idée d’apprendre Arrachez les…
Non seulement ces deux affirmations ne sont pas incompatibles mais la lecture de ce texte m’a ouvert une réflexion inattendue sur ce que je n’aimais pas lire.
Tombée par hasard dans la librairie d’à côté de chez moi sur Les enfants verts, nouvelle fantastique commandée à l’auteur par les excellentes éditions de la contre-allée, j’ai d’abord jeté un œil distrait puis j’ai continué ma lecture jusqu’au bout sans m’arrêter. Une écriture ample à la croisée de Maupassant et de Tolstoï, des thèmes qui grattent agréablement là où ça démange et que n’aurait pas dédaignés Theodore Sturgeon, des images qui persistent sur la rétine, bref, alléchée, j’ai eu…
J’ai toujours eu un faible pour les essais en bandes dessinées même si je suis souvent déçue (ma pire déception ayant été Le déploiement, une thèse sous forme de roman graphique qui n’a pas tenu ses promesses, mais passons). L’esprit critique d’Isabelle Bauthian et Gally est, lui, une belle réussite. Ce dessin à la croisée de la ligne claire et du manga est vif, jamais invasif, agit en bonne intelligence avec le texte. Une BD qui ne manque pas d’esprit…
Watership Down de Richard Adams, publié aux éditions Monsieur Toussaint Louverture. Il y avait longtemps que je n’avais pas éprouvé autant de plaisir à lire un roman. Cette sensation de rentrer dans une histoire qui nous mène par le bout du nez, je l’avais perdue, à force de voir les plans derrière les plans, de déceler les techniques sous les mots, elle s’était envolée. La voilà de retour ! Et je voudrais remercie Fanny Decitre qui l’a présenté dans Les Voix…
Merci Orson Scott Card ! Depuis un an et onze mois, je travaille sur un roman noir et j’en bave. Rédiger les fondations ? No problemo. Les personnages, les points de vue, les univers, le synopsis, les retournements, nickel. Et puis est venu le moment de la rédaction. J’avais tout prévu sauf… que ça ne marchait pas. La présence de tous les ingrédients ne suffisait pas à faire prendre la mayonnaise. Pourquoi ? Oh, un détail microscopique : le point de vue ! Un…
On trouve des dizaines, de manuels de tous poils pour rédiger un roman, en revanche, dès qu’on aborde la question du style, soudain, il reste moins de monde pour en parler. Pourquoi ? Parce que le style reflète une personnalité, une perception du monde et… une vision du lecteur ! Donc un manuel ne peut que nous mettre face à nous-même et à nos valeurs, à ce que nous voulons transmettre au lecteur. L’auteur ne peut-il donc pas travailler son…