Chez les Pomaks pour écrire mon prochain roman

Chez les Pomaks pour écrire mon prochain roman

Programme MIRA Livre 2024 de l’Institut Français

— Tu pars en résidence d’écriture en Grèce ? Ce sont des vacances ! me dit une connaissance quand j’annonce mon départ.

La Grèce où je vais n’est pas celle des touristes, des Cyclades et des maisons blanches sur fond de méditerranée. Les montagnes de la Thrace abritent une constellation de villages oubliés à la frontière bulgare. C’est là qu’habite depuis des millénaires une population appauvrie et méconnue, les Pomaks. Autour de gros bourgs et de petites villes, quelques familles peuplent encore des hameaux perdus. Elles perpétuent des traditions anciennes, l’usage d’une langue qui ne s’écrit pas, et d’une religion minoritaire, l’islam, dans un pays où la croyance orthodoxe officielle n’est pas séparée de l’État. Beaucoup de guides touristiques ne mentionnent même pas cette région. C’est la Grèce successivement thrace, ottomane, bulgare, aujourd’hui musulmane. Résolument autre.


Quand j’ai postulé pour le programme MIRA, je m’étais déjà beaucoup documentée sur les lieux et les habitants des monts du Rhodope, j’avais construit mon histoire et les personnages et je savais avec précision ce que je venais chercher. Comme je l’espérais, j’ai découvert encore bien plus.

Départ écologique

D’abord, il faut s’y rendre : surtout pas en avion. Dans ma demande d’allocation de séjour, je me suis engagée à utiliser des transports à faible émission de carbone. J’ai aussi fait ce choix parce que la Grèce est (au moins en partie) un pays des Balkans. La Thrace se rapproche de cette culture si particulière. Il fallait que je la sente pour en restituer les notes. Le car m’est apparu comme la meilleure porte d’entrée. J’ai bien fait, ce trajet haché de deux jours et demi m’apporte l’indispensable sensation de passage et d’étrangeté que quatre heures en plein ciel escamotent : escale à Zagreb, brumes de Skopje à cinq heures du matin, réveil au milieu de la nuit pour battre le pavé des douanes en sortant de la Macédoine, bakchich pour faire accepter la guitare (lui : « Vingt euros » ; moi : « Non, dix », en lui mettant le billet dans la main ; transaction réussie).

Quand j’arrive à Xanthi, la capitale de la Thrace et des monts du Rhodope, c’est le soir, il fait déjà nuit, j’ai envie d’une bonne douche et d’un lit. J’ai réservé un AirBnb dans la vieille ville musulmane au bord de la montagne et de la rivière. Le matin, pour ma première promenade dans les rues, je découvre enfin en vrai ce que j’ai scruté en photo et en vidéo : les villas viennoises mêlées aux demeures de style ottoman, avec leurs moucharabiehs délicats, et les maisons typiquement pomaks à soubassement de pierre surmontées d’un étage peint en blanc. Leur présence se télescope dans mon imaginaire avec les images, mais aussi les descriptions que j’en ai lu. Dès cet instant, je sais que cette résidence va m’apporter ce qui me manquait : la perception par tous mes sens.

Grâce à des contacts préalables, je trouve un fixeur en la personne de C. Il refusera toujours que son nom soit divulgué, et même son prénom, y compris dans les remerciements :

— Pour éviter les problèmes.

Il ne mentionnera pas lesquels, et me demandera aussi avec une certaine appréhension si le livre sera traduit en grec. À chaque fois, il me répétera qu’il ne veut pas qu’on sache qu’il m’a transmis des informations. Pourtant, rien de ce qu’il me dit ne me semble « secret défense » : nous parlons de traditions et de vie quotidienne. Plus tard, quand il évoquera certains événements à caractère plus politique, je comprendrai mieux cette réticence. Et bien sûr, je respecte son choix. Cette prudence se retrouvera chez d’autres interlocuteurs Pomaks. C’est un crève-cœur pour moi, car je suis profondément redevable à C. Sans lui, je n’aurais pas eu accès à des témoignages essentiels.

Des Grecs musulmans qui parlent une langue bulgare

C. a la soixantaine. Il est né dans un petit village de montagne de la taille de celui de mon roman, environ dix ans après l’un de mes personnages principaux, la source d’informations idéale. Quand je lui raconte les ambitions de la mère de mon protagoniste, il s’exclame : « Mais c’est mon histoire ! » Nous nous amusons de cette coïncidence de bon augure. C. n’a pas réalisé tous ses rêves, seulement certains, et en garde une légère amertume. Il est cependant fier de ses réussites, avec raison : quitter son village pour apporter une vie meilleure à ses enfants.

Les Pomaks sont grecs et maîtrisent tous cette langue, mais peu l’anglais. Dans les discussions, mon grec rudimentaire ne suffit pas. C. parle couramment grec, turc, anglais et bien sûr pomak. Grâce à lui je peux obtenir les témoignages capitaux de personnes très âgées, principalement des femmes, qui utilisent surtout le pomak. Elles racontent les traditions familiales, les rites de naissance, les fêtes musulmanes teintées de paganisme, les étapes du mariage, événement complexe qui occupe beaucoup la communauté et qui joue un rôle dans mon roman. Mes lectures précédentes, notamment Mauss, Godelier, Descola et Testard, mais aussi, plus spécifiquement sur les Pomaks, Dalègre et Tsibiridou, me fournissent les clefs indispensables pour poser des questions nécessaires à l’étoffement de l’univers de mon histoire : je me base sur les schémas connus de prix de la fiancée, échange d’épouse, dons et contre-dons, etc., mais également sur leur rapport à ce que nous appelons la nature.

La figure du cerf avec sa ramure, en particulier, est présente visuellement dans tous les intérieurs sous forme de tapisserie au mur. Celle de l’ours aussi, en arrière-plan, comme un voisin très craint. Enfin, l’herboristerie locale occupe une place importante.

Recevoir cette matière foisonnante me passionne. Faute de pouvoir enregistrer (je n’en ai pas l’autorisation), je prends une multitude de notes à toute vitesse. Dans ma tête se superposent l’histoire que j’ai prévu de raconter et la réalité, comme deux vibrations qui soudain se rejoignent.

Confronter la documentaire au réel pour enrichir le livre à venir

Ces échanges me donnent aussi l’occasion de découvrir de l’intérieur les conséquences des différentes politiques imposées à la région : l’enseignement de langues perçues comme étrangères, le grec et le turc, l’impossibilité pour les enfants de suivre l’école en pomak, ou encore le traitement des habitants des Rhodopes, en tant que citoyens obligés de posséder un passeport dans leur propre pays jusque dans les années 90. Je l’avais intégré en tant qu’information parmi d’autres, ici j’écoute une voix qui l’a vécu.

— Au moment de la crise de Chypre [en 1974], m’explique-t-on, quelqu’un d’un autre village est venu nous prévenir : les soldats chrétiens seront bientôt là pour vous tuer. Fuyez dans la forêt ! Alors nous sommes tous partis nous cacher en emportant des pommes de terre cuites et des couvertures.

Cette incursion militaire n’était pas dans ma documentation préalable. La promenade du vainqueur du loup non plus, et mille détails que je n’aurais trouvés nulle part. Certains retiennent mon attention : les jeux de la veillée. À ma grande surprise, deux jeux de stratégie correspondent de manière étonnante à l’esprit de mon personnage. Je n’en crois pas mes yeux : c’est pile ce qu’il me fallait pour manifester l’une de ses caractéristiques ; la réalité rejoint la fiction. J’apprends moi-même à y jouer pour pouvoir les utiliser dans le roman. Je ne suis pas très douée, mais j’en comprends les principes, c’est l’essentiel.

Mais ces témoignages, aussi riches soient-ils (ou à cause de cette richesse) partent un peu dans tous les sens. Pour cadrer les événements et obtenir des précisions, autant que pour vérifier des dates, des faits et des décrets, je me rends au musée historique et folklorique de Xanthi.

– Nous sommes dans la maison d’un ancien industriel du tabac, m’explique Giorgos Kiriakidis, historien qui y travaille et connaît tout de la région.

Je lui explique mon roman et il me propose une visite individuelle pendant laquelle il me parle de la grande époque de la ville, de son déclin, et du mélange des communautés. Il répond à plusieurs de mes questions, même les plus inattendues.

La densité des documents et des collections m’impressionne : le haut est occupé par des costumes et du mobilier de la bourgeoisie orthodoxe quand la « cave » (plutôt un soubassement) présente des objets du quotidien typiquement pomaks, des outils agricoles, des broderies, des vêtements. Je consulte sur place des cartes, des affiches, des journaux, des ouvrages historiques et ethnographiques mais aussi des archives comptables des différentes communautés locales (Grecs de confession juive, Pontiques, Saracatsanes, etc.).

Je ne pouvais pas rêver mieux : mon roman se déroule dans un hameau fictif où se côtoient chrétiens et pomaks. Dans la réalité, des villages mixtes existent, mais sont très rares. L’exemple sur lequel je me base pour mon histoire est la petite ville d’Echinos où cohabitent églises et mosquées sans friction. Même s’il est beaucoup moins peuplé, le décor de mon roman reprend une structure similaire. J’insiste simplement sur la séparation entre haut et bas, car tous ces bourgs et hameaux bâtis à flanc de montagne sont en pente, comme leurs champs.

Les collections du musée sont exposées sous forme de scènes dans des pièces reconstituées. Il me fournit ainsi un vivier représentatif de lieux dans les deux communautés avec une précision que je n’osais espérer. Je m’en inspire pour les maisons dans lesquelles se déroule l’histoire. Grâce à ces présentations très vivantes, je rectifie des éléments lus dans des articles d’anthropologie pomak pour rester au plus près de la réalité.

J’attache une grande importance à cet aspect, car mon roman est une fiction. J’invente tous les personnages et je crée des péripéties parfois à la limite du vrai : des événements qui ne sont arrivés qu’une fois ou des situations inhabituelles. Tout le reste doit donc coller au réel. Par exemple, pour les trajets de mon protagoniste dans la forêt et le long des champs de tabac, j’arpente moi-même les lieux.

Une culture qui se meurt

J’ai bien fait de prendre de bonnes chaussures de randonnées, les bois réservent des surprises : à-pics, troncs barrant la route, sentier qui bifurquent, fontaines cachées. J’herborise grâce à mon guide en comparant l’image et la réalité, pour documenter le travail d’un des personnages dont c’est le métier. Les chemins qui mènent à certains villages sont étroits et remplis de cailloux. J’y croise des chiens, des motos, des mules, des chevaux et beaucoup de ces petits chênes rabougris qu’on nomme kermès. Partout, je rencontre une hospitalité incroyable.

— Vous venez de Medousa ? Je peux vous avancer si vous voulez, je m’arrête à Kato Thermes.

Et me voilà partie avec deux Pomaks d’une vingtaine d’années qui découvrent avec stupeur qu’une écrivaine française prépare un roman dont l’intrigue se déroule dans l’un de leurs villages.

— Vous avez un compte Instagram ? Je vais vous suivre, me propose l’un.

— Il faut que vous mentionniez que les Pomaks descendent des archers d’Alexandre, m’explique un autre avant de me déposer à l’arrêt du car.

Cette ascendance prestigieuse revêt une grande importance pour eux, qui se sentent citoyens de seconde zone dans leur propre pays. Ballottés entre leur identité grecque qu’on leur a concédée du bout des lèvres et leurs racines pomaks qui s’estompent au fil des générations, ils se tournent aujourd’hui vers la Turquie dont ils parlent désormais la langue.

La culture pomak se mange aussi. Tous les Pomaks que je rencontre s’accordent sur la qualité d’une table reconnue dans toute la Thrace.

— Il faut que tu ailles goûter notre gastronomie à la taverne de Kottani ! Je l’ai en effet repérée depuis plusieurs mois, sur Instagram (les Pomaks sont modernes) et sur les sites de restaurants : elle est réputée dans toute la région. Mais elle se mérite. Au bout d’un chemin de terre d’une dizaine de kilomètres, un peu avant le hameau de Kottani, la route fait une petite boucle. Une demi-douzaine de maisons grimpent la pente. Une seule est encore habitée et une autre, au sommet d’un minuscule plateau, a été transformée en taverne. Devant l’entrée, un espace couvert en bois est réservé à des femmes Pomaks qui vendent des produits tissés et de la vannerie.

L’intérieur de la taverne a gardé l’atmosphère d’une demeure typique. Dallage, murs de pierres crépies de torchis, poêle, guirlandes de feuilles de tabac séchées. Quand j’entre, je regarde tout, je sens tout, j’écoute tout, car je l’ai choisie pour servir de modèle au restaurant où se déroulent de nombreuses scènes du roman. J’y adjoindrai d’autres éléments pris ailleurs, mais la configuration des lieux en sera directement inspirée. À l’étage, un mini-musée expose une cuisine, un salon et des chambres pomaks datant de l’époque où se passe mon récit. Je l’avais vérifié avant de venir.

— Tout est resté dans le même état que du temps de mon grand-père, m’explique le tavernier.

Je prends une multitude de photos et quelques vidéos pendant qu’on me raconte le passé. Quand je redescends, son épouse me donne un cours express de vocabulaire pomak alors qu’elle pèle les « patatnik » devant moi, à côté du poêle.

Je répète les mots après elle. Mon accent lui convient, elle sourit.

La culture pomak se meurt, je le découvre avec tristesse. Celle que je présente dans mon roman est déjà en voie de disparition. Le récit se déroule successivement entre les années 50 et 70, puis en 2001. À cette époque, elle déclinait, mais restait vivace. Depuis vingt-cinq ans, l’eau a coulé au fond des vallées, le tabac ne fait plus recette et les jeunes partis travailler en Allemagne ou en Turquie ne sont pas revenus. Les villages sont peuplés de vieillards dont la mémoire se perd.

— Comment dit-on « maman » en pomak ?

J’ai en effet prévu d’inclure certains mots exprimant des relations familiales comme mère et petit-fils et je pose la question à C. Ses yeux s’agrandissent.

— Je ne sais plus, m’avoue-t-il stupéfait par sa propre ignorance, attends, je vais le retrouver.

Ce mot, il ne l’utilise plus, car sa mère est morte, et il parle grec et turc toute la journée.

Il finit par l’exhumer de sa mémoire. Ouf ! Mais cet oubli l’alerte.

— Les recherches que tu fais me montrent qu’il faut préserver notre culture. Je vais écrire un livre, moi aussi, pour rassembler tout ce que savent nos anciens pendant qu’ils peuvent encore le raconter, me dit C.

Je l’y encourage. Il regrette que sa mère ne soit plus là, car, m’explique-t-il, elle avait une mémoire exceptionnelle.

— Elle se souvenait de tout comme si elle voyait un film défiler sous ses yeux.

Moi aussi, j’aurais aimé lui parler.

Retour à Athènes

Les semaines sont passées à toute vitesse et je dois déjà partir à Athènes où m’attend la directrice adjointe des activités culturelles de l’Institut français de Grèce, Polina Mouratidou.

Quand je m’en vais, C. m’offre un sac pomak tissé et cousu par sa femme. Ce cadeau m’émeut.

— C’est le sac traditionnel dans lequel on met les pommes de terre, les tomates et le fromage pour le déjeuner quand on travaille aux champs.

Quand je le remercie, il m’explique l’une des origines du mot Pomak.

— C’est un mot slave qui veut dire « celui qui aide ». Donc aider, pour un Pomak, c’est normal !

Même si nous avons passé beaucoup de temps ensemble, il m’enverra ensuite plusieurs mails comportant d’autres informations précieuses sur la culture pomak.

C’est dur de quitter la Thrace.

Quelle bonne idée j’ai eue d’aller à Athènes le jour de la grève générale !

Si mon car arrive à l’heure, impossible de rejoindre mon logement. Le café où je m’arrête prendre un jus d’orange me confirme que rien ne fonctionne, pas même les taxis. Les échauffourées sont si brutales pendant la manifestation dans le centre d’Athènes qu’elles apparaissent aussi dans des fils d’actualité français, et me valent des appels et messages de proches inquiets. Je rassure tout le monde, je vais bien, et je sais où dormir ce soir : j’ai fini par trouver un lit dans une auberge de jeunesse près de la gare, je regagne mon Airbnb demain.

Les manifestations rassemblent des milliers de Grecs : un accident de train a fait plusieurs dizaines de morts il y a exactement deux ans à cause d’une défaillance dont une grande partie de la population tient le gouvernement pour responsable.

Le lendemain, la ville a retrouvé son rythme habituel. Je déjeune comme prévu avec Odile Bréhier, libraire et fondatrice de la librairie Lexikopoleio. Cette femme à l’enthousiaste et au dynamisme contagieux m’attend dans un restaurant délicieux où je retrouve aussi l’éditrice de mon prochain livre, un recueil de poèmes. Dominique Sierra est venue en compagnie de sa collaboratrice comme presque tous les ans. C’est une grande amoureuse de la Grèce. Odile et elle se connaissent depuis longtemps et nous parlons des prochaines parutions de Dominique et de traductions en grec.

Quand je retourne le soir à mon Airbnb, je réponds à un message de l’éditrice et fondatrice des éditions Géphyre, Sandrine Scardigli, qui m’a beaucoup aidée à me préparer pour ce voyage. Sa profonde connaissance de la culture et de la littérature grecque m’a été très précieuse : films, livres, vidéos, musiques, gastronomie, etc. Avec elle, j’ai pris un cours accéléré de culture grecque contemporaine. Nous découvrons que, par un hasard extraordinaire, je me trouve justement dans le quartier où elle a vécu. Elle me donne aussitôt quelques adresses utiles pour mes quelques jours à Athènes.

Le lendemain, je déjeune chez l’écrivain et essayiste Yannis Kiourtsakis, en compagnie de son épouse, la traductrice Gisèle Kiourtsakis. Cet ancien avocat a précédemment répondu avec beaucoup d’amabilité à plusieurs de mes questions sur certains points juridiques à propos des procès sous la junte et de l’emprisonnement de femmes pendant la dictature. Ces renseignements me permettront de donner une couleur réaliste à la partie concernant l’incarcération d’un des personnages. Cette fois, nos discussions portent davantage sur la politique de son pays. Je me félicite d’avoir lu l’excellent La Grèce et les Balkans d’Olivier Delorme. Ce livre en trois volumes (je n’ai lu que les deux derniers) retrace tout ce dont j’ai besoin pour comprendre les commentaires de mon interlocuteur qui a connu la junte militaire. Pendant notre discussion, je prends de nombreuses notes mentales destinées à alimenter certains aspects de la troisième partie de mon roman. Le soir, je les mets au net, comme tous les jours depuis que j’ai posé le pied en Grèce.

L’institut français de Grèce

Mon départ approche. Je me rends à l’Institut français de Grèce pour rencontrer Polina Mouratidou, avec qui j’ai déjà échangé plusieurs messages. Le festival du cinéma français bat son plein et elle est très occupée, mais trouve très aimablement un moment pour travailler avec moi. Chargée de mission livre, elle m’explique tous les aspects de son activité susceptibles de m’être utiles. Mon précédent roman s’inscrit dans un genre peu vendu en Grèce : la science-fiction. Le suivant, celui pour lequel je participe à cette résidence, relève d’un genre plus couramment lu ici. Elle a notamment pris contact avec deux éditrices grecques. Elles ne sont malheureusement pas disponibles en ce moment pour une rencontre, car la période est compliquée : une nouvelle manifestation se prépare pour les jours suivants. Nous discutons aussi des différents programmes de traduction dans les deux langues. Cette rencontre m’ouvre de belles perspectives.

Il est temps de revenir en France. J’ai beaucoup écrit et pris une bonne quantité de notes, mais je n’arrive pas à croire qu’un mois et demi soit déjà passé. Pour le retour, toujours pas d’avion, mais cette fois, je décide de changer d’itinéraire pour voir un autre aspect du pays. Au lieu des Balkans, je choisis de rentrer par l’Italie. Je traverse la Grèce d’est en ouest en car jusqu’à Igoumenitsa où je prends le ferry pour Bari. Et de là, le car pour Lyon.

Un voyage comme celui-là laisse des traces humaines. Elles nourriront ma fiction, mais aussi ma vie. Les rencontres que j’ai faites, je les garde précieusement en moi.

Ma reconnaissance va à tous les Pomaks (que je ne peux pas citer), les Grecs et les personnes (dont certaines sont mentionnées ci-dessus) que j’ai croisées et qui m’ont apporté plus que je ne l’aurais imaginé. Elle va aussi à toute l’équipe de l’Institut français qui m’a fait confiance et m’a permis de passer autant de temps sur place pour travailler mon roman. Qu’ils en soient tous chaleureusement remerciés, notamment Polina Mouratidou, Anne Du Parquet, Victor Mallet, Valentine Gigaudaut, Emilie Pianta-Essadi. Sans eux, mon roman n’aurait pas autant de substance.

Et à présent, il finit de s’écrire !

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